Pourquoi un t-shirt pensé comme un yukata
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Posez un t-shirt et un yukata à plat, côte à côte. Vous verrez la même lettre : un T. Les deux vêtements ont un autre point commun. Ils sont nés loin de la rue, et ils ont fini par y sortir.
Le t-shirt était un sous-vêtement. En 1913, la marine américaine en distribue à ses marins, à porter sous l'uniforme. Le mot apparaît dans un roman de Francis Scott Fitzgerald en 1920. Le yukata, lui, était un vêtement de bain, avant de devenir la tenue des soirées d'été japonaises.
Même forme, mais deux façons opposées de penser le vêtement. Le t-shirt suit le corps. Le yukata lui laisse de la place. Notre première pièce est née de cette différence.
En bref
Le yukata est un vêtement d'été japonais en coton, coupé dans des rectangles de tissu, ample et sans doublure. Nous en avons gardé l'aisance, la manche qui bouge, le col net et la sobriété. Nous avons changé la matière, la fermeture et l'évasement, pour en faire une pièce à porter tous les jours.
Comment est construit un yukata
Un yukata ne se coud pas comme une chemise. Il n'y a ni pince, ni courbe, ni emmanchure arrondie. Tout est assemblé à partir de bandes de tissu droites, et chaque partie a un nom.
Le corps est fait de deux longues bandes qui passent sur les épaules et descendent jusqu'aux chevilles, devant et derrière. Deux panneaux plus étroits, cousus devant, permettent de croiser les pans l'un sur l'autre. Le col est une simple bande droite qui encadre le visage et descend le long du croisement. Les manches sont de grands rectangles cousus à plat sur les épaules, avec une partie qui pend sous le bras. Enfin, une ceinture de tissu, l'obi, tient le tout à la taille.
Résultat : un vêtement presque plat quand il est plié, qui ne prend sa forme qu'une fois porté. Le même yukata peut habiller des silhouettes très différentes, parce qu'il ne cherche pas à épouser un corps en particulier.
© Pop & Zebra / Unsplash
Le coton, l'élégance imposée par la loi
Au XVIIe siècle, le Japon d'Edo connaît un phénomène inattendu. Les marchands s'enrichissent, parfois plus que les samouraïs. Pour maintenir l'ordre social, le gouvernement multiplie les lois contre le luxe. Les gens du peuple n'ont plus le droit de porter de la soie ni certaines couleurs vives.
Les citadins trouvent la parade. Puisqu'ils doivent porter du coton et des teintes sombres, ils vont en faire un art. Les teinturiers inventent des dizaines de nuances de brun et de gris, au point qu'on parle encore de « quarante-huit bruns et cent gris ». Certains cachent même des doublures somptueuses à l'intérieur de vêtements très simples à l'extérieur.
De cette contrainte naît un goût typique d'Edo, l'iki : une élégance discrète, qui ne cherche pas à se faire remarquer. Le yukata en coton en est l'un des meilleurs exemples. Il prouve qu'un vêtement simple peut être plus raffiné qu'un vêtement riche.
Le bleu que l'on a appelé « Japan blue »
Pendant des siècles, les yukata ont surtout été teints à l'indigo. Cette plante, arrivée de Chine il y a plus de mille ans, a donné au Japon sa couleur la plus célèbre. La région de Tokushima, sur l'île de Shikoku, en est restée la grande spécialiste.
L'indigo n'était pas seulement beau. Il était bon marché, résistant, et les paysans pensaient qu'il éloignait les insectes et les serpents. On raconte qu'à la fin du XIXe siècle, un chimiste britannique installé à Tokyo, Robert William Atkinson, fut tellement frappé par ce bleu omniprésent qu'il le surnomma « Japan blue ». Le nom est resté.
© Jimmy Liu / Unsplash
Une technique a beaucoup compté pour le yukata : le chūsen, apparue à la fin du XIXe siècle. On empile le tissu en couches, puis on verse la teinture à travers. La couleur traverse entièrement le coton. Le tissu est aussi beau à l'envers qu'à l'endroit, ce qui compte pour un vêtement dont on voit l'intérieur à chaque mouvement de manche.
Des motifs qui parlent
Sur un yukata, les motifs ne sont presque jamais choisis au hasard. Chacun porte un souhait ou une histoire. En voici trois que vous croiserez souvent.
L'asanoha, la feuille de chanvre, forme une étoile à six branches. Le chanvre pousse vite et droit, alors on en ornait les vêtements des bébés pour qu'ils grandissent en bonne santé. Le seigaiha dessine des vagues en demi-cercles qui se chevauchent. Il représente une mer calme et exprime un souhait de paix. L'ichimatsu, enfin, est un simple damier. Il porte le nom d'un acteur de kabuki, Sanogawa Ichimatsu, qui l'avait mis à la mode au XVIIIe siècle. Près de trois cents ans plus tard, ce damier est devenu l'emblème des Jeux olympiques de Tokyo, dessiné en bleu indigo.
Ce que nous avons gardé du yukata
L'aisance, d'abord. Notre t-shirt est coupé ample : en taille M, il mesure 48 centimètres de large à plat au niveau de la poitrine. Il ne serre ni les épaules ni le ventre. L'air circule, comme sous un yukata.
La manche qui bouge. C'est la partie la plus visible de l'héritage. La manche longue s'évase vers le poignet, pour garder le mouvement du tissu quand on lève le bras.
Le col net. Pas de surpiqûre décorative ni d'étiquette visible. Comme la bande droite du yukata, le col est là pour encadrer, pas pour attirer l'œil.
La discrétion. Au lieu d'un grand logo imprimé, un petit monogramme brodé sur la poitrine. C'est notre façon de reprendre l'iki d'Edo : un détail qu'on découvre de près, pas une étiquette qu'on affiche.
Une coupe pour tous. Le yukata a toujours été porté par les hommes comme par les femmes, avec la même construction. Notre t-shirt est unisexe, pour la même raison.
Ce que nous avons changé
La matière. Le yukata est en coton tissé, un tissu qui ne s'étire pas. Nous avons choisi un jersey, c'est-à-dire un coton tricoté, qui suit les mouvements et reprend sa forme. Il est en coton biologique, pèse 200 g/m² et il est tricoté puis confectionné au Portugal. Ce poids donne assez de tenue pour que la manche tombe bien, tout en restant souple.
La fermeture. Pas de pans croisés, pas de ceinture. Un yukata demande quelques minutes et un peu d'habitude pour être bien noué. Notre t-shirt s'enfile en deux secondes.
L'évasement. Un yukata a de très grandes manches. Sur notre pièce, l'évasement est volontairement plus sobre. Il se remarque, mais il ne transforme pas la silhouette, pour que la pièce se porte en ville, au travail ou en voyage, et pas seulement pour une occasion.
La couleur. Pas d'indigo ni de motif pour cette première pièce : un blanc simple, qui s'accorde avec tout et laisse toute la place à la coupe.
Comment le porter
La coupe ample fonctionne mieux avec un bas qui reste droit ou large : un jean large, un pantalon de toile, un chino. L'ensemble garde une ligne fluide, du haut vers le bas. Par-dessus, une veste ouverte ou une surchemise laisse dépasser les manches évasées, ce qui fait tout le caractère de la pièce. Et comme le yukata du voyageur dans son auberge, il se glisse facilement dans un sac pour un week-end.
Côté entretien, un lavage à 30 °C et un séchage à l'air libre suffisent. Le tissu est pré-rétréci, donc il garde ses dimensions au fil des lavages.
Questions fréquentes
Le t-shirt est-il unisexe ?
Oui. Comme le yukata, il suit la même coupe pour tout le monde. Il existe en tailles S, M, L et XL.
Quelle taille choisir ?
La coupe est ample par nature. Pour vous repérer, notre mannequin mesure 1,78 m et porte du M, qui mesure 48 cm de large à plat, 64 cm de long au dos et 41 cm de manche.
Quand sera-t-il livré ?
La pièce est en précommande et sera livrée au plus tard le 20 décembre 2026. Vous pouvez annuler et être remboursé intégralement à tout moment avant l'expédition.
La pièce
Pour en savoir plus sur la matière : Qu'est-ce que le coton ? Culture, bio et jersey expliqués.
Vous avez déjà porté un yukata, au Japon ou ailleurs ? Racontez-nous en commentaire, nous répondons à tout le monde.